De la difficulté de vendre

Je ne suis pas vendeur mais développeur. J’ai pas mal de difficultés à aborder des gens, que je ne connais pas, pour leur proposer de m’acheter quelque chose. Je me fais l’effet d’être comme ces vendeurs à la sauvette. Pourtant, avec Podmytube, il a bien fallu que je m’y mette et même si ce n’est point chose facile je m’améliore (du moins j’ose le croire).

Vendre c’est pas mon truc

De tout temps je n’ai jamais aimé vendre quoi que ce soit. Tôt ou tard, il nous arrive tous de devoir vendre quelque chose et bien généralement c’est ma femme qui s’en occupe. Je n’aime pas cela, je ne me considère pas comme quelqu’un de doué dans ce domaine et, en prime, cela ne m’intéressait pas.

Je repense notamment à tous nos derniers véhicules. J’en ai bradé une qui ne valait sans doute plus rien à l’argus. Mais, on l’avait toujours bien entretenu. J’ai bradé ma moto. Elle aussi aurait sans doute pu être mieux vendu. A ce sujet, je me rappelle une discussion avec Sabine (ma femme) qui m’engueulait parce que je voulais changer les pneus de la moto sans changer le prix de celle-ci (tout benef pour l’acheteur). Elle avait raison (comme souvent d’ailleurs :)). Pour la toute dernière je voulais m’en débarrasser car les traites ainsi que l’entretien étaient trop élevées.

Résultat, pour tout ce qui est vente, c’est généralement Sabine qui s’en occupait.

Mon vécu de la vente

En fait, ce qui me gêne dans la vente, c’est que je suis généralement une proie facile pour les vendeurs. J’ai un visage plutôt amical/gentil/bien brave, et, cela ne loupe pas, lorsque je rentre dans un magasin, ou que je croise un vendeur à la sauvette, généralement il me saute dessus (à pieds joints et depuis la troisième corde) pour me vendre quelque chose.

C’est encore pire lorsque l’on vient toquer à ma porte, ou que l’on m’appelle sur mon téléphone, pour me vendre quelque chose. Je trouve cela pénible au possible. Cela me gonfle d’être obligé de m’interrompre dans ce que je fais pour répondre et raccrocher/fermer la porte poliment.

Je déteste cette façon de faire, que je qualifierai de l’approche du camelot ambulant qui saute sur tout ce qui bouge sans distinction aucune. Bordel je ne porte pas de montre, qu’est ce qui peut faire croire à un vendeur que je voudrai de sa fausse Rolex vendue sous le manteau ?

Impossible pour moi de vendre quelque chose … Et puis j’ai du faire du démarchage pour Podmytube…

De l’autre côté du miroir

Et c’était le drame. C’était à moi désormais de vendre mon service. Notez que j’ai commencé par biaiser en le lancant gratuitement. Au moins je n’avais pas à m’emmerder avec tout ce qui était vente. Il me suffisait d’en parler aux gens. Si l’idée les intéressait c’était réglé, pas besoin de parler prix de vente, nul besoin de négocier. Je me sentais en paix avec moi-même. Je n’avais pas à forcer quoi que ce soit. Si vraiment ça lui convenait il me faisait un don via ma page tipeee et on était les meilleurs amis du monde.

Comment te dire que cette opération a été un bide monumental. J’étais le seul à payer quelque chose dans l’opération. Et plutôt que de me dire tu fais les choses sérieusement maintenant, non j’ai biaisé, une fois de plus, en pratiquant un tarif très bas. Bien sûr mon public cible s’est considérablement restreint mais je n’avais pas à négocier le tarif. 6€ par mois/60€ à l’année, faut pas déconner c’était pas vraiment cher. Mais même aussi peu cher que cela, Podmytube restait déficitaire.

Je me suis fait violence une nouvelle fois en appliquant une sérieuse augmentation de tarif. Le but de cette dernière manœuvre est de dire soit je réussi à dégager un revenu sur ce service soit cela ne fonctionne pas. Si cela fonctionne je continuerai d’investir, de développer des nouvelles fonctionnalités (avec l’objectif d’en tirer un revenu) et sinon je laisserai le service mourir de sa belle mort.

Rassure-toi ça part plutôt dans le bon sens :).

Le bon vendeur et le mauvais vendeur

Bon/mauvais vendeur c’est comme le bon chasseur et le mauvais chasseur.

Le mauvais chasseur, c’est l’gars qu’à un fusil, il voit un truc qui bouge, i’tire. Le bon chasseur, il a un fusil, il voit un truc qui bouge … bon i’tire aussi mais bon c’est pas la même chose !

Pour moi le mauvais vendeur c’est celui qui te saute dessus à peine rentré dans sa boutique, sa concession, son magasin. Ou, pire, la personne qui t’appelle dans la journée pour te vendre une cuisine/fenêtre/un chameau sans même se poser la question si cela t’intéresse. En fait un mauvais vendeur (pour moi) c’est typiquement le gars qui va vendre une paire de ski à un cul de jatte (pour aller contre le célèbre principe inverse).

Cela ne m’a pas aidé à savoir comment moi j’allais faire pour vendre mon service. Et puis au hasard d’un de ces podcasts inspirants dont je te parlais hier j’ai entendu la phrase suivante.

Lorsque tu veux vendre quelque chose imagine toi que tu apportes LA solution au problème de ton (futur) client. C’est comme si tu lui apportais le chèque d’un loto gagnant. Il a un problème tu as la solution quel mal y a t-il à lui vendre ?

Cette approche de la vente me paraissait davantage correspondre à ma personnalité. Vendre des skis à quelqu’un qui ne pourra jamais les utiliser est tout ce qu’il y a de plus malhonnête pour moi. Alors que là ce n’est pas la même chose. Je suis la solution à un problème. Bon cela ne me disait pas comment aborder la vente mais grâce à un de ces bouquins que je lis depuis 4 ans j’ai trouvé un début de solution.

Internet est une table pour 2

Encore une fois les podcasts sont venus à mon secours. Je sélectionne mes livres à lire comme ceci. Si j’entends parler d’un bouquin dans 2 podcasts différents, c’est que ce livre doit être suffisamment intéressant. C’est ce qu’il s’est passé pour ce livre de Selma Païva. Internet est une table pour 2, sous titré le marketing autrement, se veut une approche différente du marketing et de la vente.

Je vous copie colle la description du livre, ce sera plus fidèle à ce qu’explique l’auteure.

Vendre ne peut plus rimer avec s’imposer, interrompre, importuner. Nous le savons, d’ailleurs. Parce que nous sommes tous les clients de quelqu’un d’autre.

Nous voulons acheter ce qui vaut la peine d’ête acheté. Investir dans ce qui vaut la peine d’être développé. Vivre ce qui vaut la peine d’être vécu.

Nous voulons être les acteurs d’un monde nouveau en tant que consommateurs, et en tant qu’entrepreneurs. C’est dans le 2ème cas que c’est plus difficile !

On se retrouve coincé entre la nouvelle donne, et une approche du webmarketing dépassée.

Car le principal problème de l’approche traditionnelle du web et de la vente en ligne, c’est qu’elle fait la part belle aux outils et autres possibilités technologiques. Elle ne prend pas la lorgnette par le bon bout, celui des gens, pas celui des outils !

Voir Internet comme une table pour 2 est le défi du nouveau web.

J’ai beaucoup aimé ce livre dans la façon qu’il a de t’expliquer comment aborder la vente d’un point de vue plus humain, plus intimiste. On ne saute pas sur le premier venu pour lui vendre un produit. Non, on sélectionne son public. Ensuite on cherche à comprendre son travail, ses tâches, ses besoins. On engage la conversation avec lui, on se présente, on discute, on se livre. Et seulement ensuite si tout va bien on lui propose une solution. On ne force pas la chose et j’aime bien cette approche.
Bon elle dit cela bien mieux que moi si cette approche vous convient, je vous encourage à le lire. Surtout si l’approche vente sauvage vous révulse également 🙂

 

Publié par

Fred

Parfaitement bilingue ... Oh my Glotte !!!

2 réflexions au sujet de « De la difficulté de vendre »

  1. Peut être qu’il faut que tu laisses ta femme acheter les voitures et pas seulement les vendre 🙂

    PodMyTube est un service qui apporte une réelle valeur, car elle fait gagner du temps aux podcasters/youtubers.
    C’est normal qu’il y ait une compensation non ?

    J’en profite pour te dire bravo pour ton blog. Il est gratuit mais tu le vends bien si j’applique la définition que tu donnes plus haut 🙂

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